Mettre à jour des sites anciens permet de reconstituer le
mode de vie d'une population:
- Quels type de relations existaient entre eux?
-Quel était ce lien étroit entre l'homme et la nature?
- Quelle part avaient la culture et les traditions dans la sagesse
réveillée des ancêtres?
Quand un objet ou un dessin gravé sur la roche, auréolé de
mystère, se révèle, entrainant un flot de mémoire collective
que l'on croyait enfouit à jamais, alors pourquoi s'arrêter là ?

www.clio.fr/voyages_culturels/
Dans les années 60, Henri Lavondès arrive à Ua pou pour
travailler sur les traditions orales et recueillir les légendes.
Vingt ans plus tard, l'archéologue Pierre Ottino arrive
sur ses traces en tant que volontaire à l'aide technique.
Avec passion, il se consacre encore aujourd'hui à " rajeunir"
le patrimoine de ces îles et de son peuple.
www.photomarquises.com/.../
" Si on restaure un site n'importe comment, non seulement on
le caricature, mais on caricature aussi la culture et la population
ancienne qui deviennent alors du folklore. "
Le respect du lieu c'est aussi le respect de la tradition.
Sur cette photo, une tête sculptée dans un rocher désigne le
passage du mana (esprit) dans un lieu tapu (sacré) apres la mort.

www.oceanien.fr/
Un mur, une terrasse, l'emplacement d'un paepae
(structure d'habitat), et peu à peu, nous nous retrouvons
dans un village ancestral.

tahitinui.blog.lemonde.fr/
Alors les marquisiens se souviennent des histoires que leur
raccontaient leurs grands parents, les difficultés qu'ils
rencontraient à l'époque.
Et plutôt que d'attendre une aide de l'extérieur qui ne
vient pas toujours, les autochtones se joignent à l'expédition,
même si l'argent manque.
On attend pas, aux Marquises, on agit!

tahitinui.blog.lemonde.fr/
C'est à la fois un moyen de se réapproprier une partie
du patrimoine en renouant avec ses racines;
mais aussi une sécurité à l'instar de professionnels qui emmenent
un objet pour l'étudier.... mais qui "oublient" de le ramener.
C'est encore redonner vie à des emplacements
géographiques qui ont un jour étés désertés pour cause
d'épidémies apportées par les européens, et qui rendirent
les femmes steriles.

www.lefigaro.fr/
En l'absence de musées, de nombreuses pièces se sont
retrouvées en Nouvelle Zélande où à Hawaï. Mais les marquisiens
ne sont pas du genre à baisser les bras! depuis, des musées ont
vu le jour aux Marquises.
Le département archéologique et celui des traditions orales ont
étés rattachés au musée de Tahiti et des îles, dirrigé par
Jean Pierre Pambrun.

sanza.skynetblogs.be/
L'organisation dépendait entièrement de la tradition:
" Nos ancêtres avaient le sens des choses , de l'équilibre.
A l'époque, on ne pouvait pas polluer une rivière car le tohua
en dépendait. "
Le tohua était la place publique où avaient lieu les festivités.
www.laruel.be/blogactu/
Depuis, lorsqu'un lieu a été découvert par les archéologues,
les danses d'antan refont surface et les jeunes dansent
pieds nu sur le Tohua.
Une danseuse explique:
" lorsque nous dansons sur le tohua, cela chauffe les pieds,
nous ressentons le mana de nos ancètres" (mana: force spirituelle) "

rainbowoman2.unblog.fr
La jeunesse est de plus en plus motivée en encouragée
pour apporter leur contribution aux projets archéologiques.
D'ailleurs, la motivation l'emporte sur le diplôme.
" Il est important que les jeunes d'ici sachent d'où ils viennent
et connaissent la richesse culturelle que nos anciens ont créée.
Pour qu'ils soient fiers de leurs ancêtres et pour qu'ils s'en inspirent.
(yvonne Katupa: maire déléguée de la commune d'Hatiheu)

tahitinui.blog.lemonde.fr/
Quelques mots sur l'organisation de la société marquisienne:
le paepae est l'emplacement des terrasses et habitations
de l'ancienne population ( sur la photo, celui de Hatiheu )
au centre, près de la maison du chef on trouve le tohua
(place publique où avaient lieu les fêtes) .

Les villages étaient dirrigés par:
* Les Hakaiki: princes, princesses qui administraient les affaires publiques.
* Les Taua: prêtres ou sorciers (intermédiaires entre les dieux et le peuple).
Conservateurs des légendes et généalogies, ils prescrivaient
les tapu (interdits) et présidaient les cérémonies.
Parmi le peuple, il y avait:
* Les tahunas: qui s'occupaient des arts et des métiers
* Les kaioi: équivalent des troubadours ; vagabonds adolescents
qui composaient des danses et des chants, et se livraient à tous
les plaisir de la vie avec une grande liberté sexuelle.
* Les kikinos: de condition inférieurs à qui revenaient
les travaux pénibles.
Si les tribus se faisaient souvent la guerre, les combats étaient
plutot considérés comme un sport à grands cris et couverts de
tatouages pour impressionner l'adversaire. (qui se terminaient
le soir pour reprendre le lendemain) mais la plus grande hospitalité
était respectée au sein d'une même tribu.

Afin de se faire une idées des objets retrouvés par les
archéologues, un petit retour dans le temps s'impose:
Les maisons de bambou au toit de pandanu se composaient
essentiellement de nattes pour dormir et des paniers suspendus
faisaient office de placards.
Dehors, près du foyer, des fosses creusées dans le sol
conservaient les aliments, comme l'uru (fruit de l'arbre à pain).

Pour la pêche, on se servait d'hameçons en nacre ou de harpons
en bois de fer .

www.oceanien.fr/
Les galets, haches de pierres, herminettes ou scies en dents
de requins étaient les principaux outils pour fabriquer des
objects usuels, tandis que des os ou éclats de nacre étaient
appréciés pour le travail du bois, ou encore les dents de rats
pour travail du fer.

www.oceanien.fr/
Pour partir en haute mer, les pirogues étaient composées d'une
ou deux coques maintenues par des cordelettes et calfatées
à la résine d'arbre à pain.

www.hoarau.org/polynesie/
Les villages étaient sous bonne garde: les tiki, statues
de pierre représentant des divinités à demi humaine, ou animale,
sont pour la plupart toujours présents. .
Tournés vers la mer, on attribuait à certains d'entre eux
un pouvoir de vie ou de mort.
Ils ont étés édifiés sur les mea'e: terrasses sacrées sur lesquelles
se déroulaient les réunions officielles ou les diverses
manifestations religieuses et paiiennes.

Sur le tohua ( la place publique) , le tuu (lieu de culte) recevait les sacrifices
ou les femmes n'avaient pas acces.
Le sens de ces sacrifices, outre l'offrande faite aux divinités,
était de se nourir du mana (l'esprit, la force spirituelle ) de ce que l'on sacrifiait.
A Nuku hiva, chaque vallée possède son mea'e avec son tohua;
Ce qui laisse au visiteur la sensation de s'élever dans une
dimension mystique.
Sur les rochers, il est souvent possible de voir des dessins, signes ,gravures
appelés des pétroglyphes (pétros: est une forme d'écriture) ;
comme des représentations stylisées d'animaux, hommes ,
pirogues, poissons dont l'origine reste à ce jour peu connue
en raison du dépeuplement rapide de la population.

Merci à Jean Saucourt pour cette photo
Cette carte situe les principaux sites de Hiva 'oa:

Profitez en pour allez faire un tour sur ce site, surtout
si vous avez l'intention de séjourner à Hiva 'oa.
http://www.chaletshanakee.com/vallee.html
La vallée de Puamau à Hiva 'oa, détient les plus grands tikis de
Polynésie dont le Takaïi (2m 44).
Vers le 18e siècle, à la suite d'un conflit entre tribus,
les vainqueurs transforment la résidence du chef en un me'ae ,
donnant aux deux paepae les nom des deux vainqueurs: Pahivai
et Mataeiaha qui auraient fait édifier les grands tiki.
A la fin du XIX e , une cheffesse offre cette terre à Kekeka:
un pasteur hawaïïen, qui en fit une plantation de café.
Il semblerait que des tiki aient étés endommagés lors de ces travaux.
Ces tiki sont fragiles et sont l'héritage du peuple marquisien.
Il est donc recommandé de les toucher le moins possible.
Selon les légendes il est même tapu (sacré,interdit) d'y toucher.
Et aux îles Marquise on ne plaisante pas avec ca! ...
de nombreux témoignages l'ont prouvé.
Voici en images sur ce lien , les grands tiki de Puamau: (superbe document)
http://oceanien.bloguez.com/oceanien/455364/Hiva-Oa-les-grands-tikis-de-Puamau
Sur Ua Huka, Hane, le plus ancien site
marquisien pourrait porter le nom de musée puisque il ne
contient pas moins de 3000 pièces archéologiques dont les
plus belles sculptures de l'archipel, dans un décor de rêve.

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