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Les îles Australes: Rimatara

 

Dernière île polynésienne a avoir été découverte par les européens, elle

comptait alors 1200 personnes. 

Mais comme ses soeurs australéennes, Rimatara ne fit pas exeption à la règle:

les épidémies entrainant une très forte dépopulation, ne laissèrent que

200  

personnes dans les années 30, en grande majorité féminine. 

Le même cas se produisit à Rurutu, mais les hommes semblaient avoir mieux 

résisté. Des rencontres entre les deux îles s'imposèrent donc. 

L'île fut gouverné par Temaeva II , III, IV, et V qui furent enterrés 

dans le cimetière d'Amaru qui rappelle l'austérité des vieux cimetières

irlandais avec ses stelles blanches dépourvues de croix, ses  inscriptions en 

tahitien; situé face à la plage, sous des aitos géants.

Ala demande de la population, l'annexion à la France eut bien lieu le 2 septembre

1901, mais Tumaeva V y mit une condition : le cultre biblique devait être respecté.        

             

                 www.tahitiheritage.pf/fiche-tombe-de-simon-le..

Dénuée de port et d'aéroport, c'est une île authentique, où seules les

baleinières et les pirogues peuvent pénètrer, les passes étant très peu

profondes. Mais le manque de lagon est compensé par de magnifiques 

plages qui, par endroits, remplacent agréablement la route interrompue,

par ses jolies petites criques , et de très belles porcelaines à ramasser

sur le sable. 

Une route intérieure relie les trois villages principaux: Anapoto et Mutuaura ,

du nom de la célèbre péruche, qui fait face à deux charmants motus, ayant

appartenus à la famille royale; et enfin, Amaru , le chef lieu de 300 hbs. 

Pendant les mois d'hiver austral, (juillet à novembre) ,la baignade déconseillée

n'exclut pas l'observation des baleines, dont la floraison d'un  flamboyant: 

le heinatoe, signale l'arrivée.... quand il ne fait pas le délice de la péruche Ura

(lori). 

Deux temples , l'un adventiste , l'autre protestant; des équipements

sportifs: terrain de foot, salle omnisport; plusieurs magasins; une école

et une association d'artisans; voilà pour l'essentiel ce que vous pouvez

trouver à Amaru, sans oublier des batiments administratifs et sociaux: mairie,

poste, infirmerie.

 Amaru possède sa propre station radiophonique: Tonohae, qui le mercredi matin,

est animée par les enfants. Et comme partout en polynesie, quelques sèchoirs à

coprah sont encore en activité, même si ceux ci restent insuffisants. 

                

                   iaorana83.blogspot.com/2008_06_01_archive.html

Rimatara est non seulement un havre de paix mais aussi une réserve revivifiante

d'air frais après avoir goûté aux chaleurs intenses de Tahiti. Alors, même la

pluie devient alors une sensation de plaisir. 

Ici encore, l'île regorge de fruits et légumes d'origines européennes, amis du

climat tempéré australéen, mais on trouve aussi quantité de bananes, agrumes,

pastèques et des produits locaux comme le manioc, le noni et surtout le taro

pour la consommation familiale. (à noter que le tarua remplace de plus en

plus le taro).

Le pandanu, arbre dont les fibres seront précieuses à l'activité du tissage d'un

toit, d'un panier ou d'un chapeau, sêche tranquilement sur la route ou accroché

aux murs des maisons. 

De tout temps, les Rimataraéens ont toujours préféré une production locale à la

vente ou l'exportation: il y a peu d'épicerie, et encore moins de poissonnerie:

le poisson frais péché du matin étant largement privilégié sur le surgelé. 

Un systeme de coopérative sera donc plus adapté.

Ainsi, afin éviter la cigaterra (bactérie attaquant le corail et donc certains

poissons, à la suite des travaux d'aménagement de la passe ou de la barrière de

corail), les pêcheurs partent loin vers le large sur des pirogues traditionnellement

construites dans des troncs d'arbres, pour ramener et partager avec la population

quantité de thons, espadons, ou autres espèces locales comme le rhazar.  

Cependant, chaque année, la tradition du rahui, interdit toute tentative de 

pêche pendant un mois. A cette période, les carangues sont nombreuses et 

il est d'usage de les laisser approcher sans y toucher, la zone étant délimitée 

par des branches de pandanus. Au bout de cette période, il devient alors facile

de les repousser vers la plage à l'aide de filets. Les poissons seront ainsi,

distribués aux autochtones.  

Comme dans toutes les îles éloignées, les rimataréens restent fidèles aux traditions.

Et le poisson tout frais pêché ira rejoindre le taro, les fe'i et les crabes dans le four

tahitien du samedi, car on ne fait pas de feu le dimanche, les diacres l'ont interdit. 

Enveloppé dans des feuilles de bananiers, le ma'a (repas ) cuira toute la nuit

à l'étouffée pour restaurer les convives apres la messe dominicale. 

Et comme faisaient les anciens, cuillères et fourchettes sont souvent absents,

une feuille de bananier faisant office d'assiette. 

Côté boisson, il existe à Rimatara une bière locale artisanale à base de fruits. 

Dans son livre, Jean Guillin nous en explique la technique: 

Autrefois fabriquée à base de bananes fermentées, recouvertes de sable et

feuilles de bananiers, on chauffait les bananes à l'aide d'une torche enflammée.

Les bananes encore vertes mais molles étaient ensuite cuites dans un four, 

On filtrait alors le jus pendant deux mois. 

Aujourd'hui, une méthode plus rapide est privilégiée:

Eeau, sucre, fruits (oranges ou ananas), et enfin la levure de bière qu'on

laissera fermenter pendant quelques semaines. 

Cependant la ligue anti - alcool locale " la croix bleue" veille! et il n'est 

pas rare que quelqu'un pris en " flagrant délit d'alcoolisme doive s'engager

à ne plus boire pendant 6 mois ou un an... quitte à récidiver le lendemain. 

En cas de fête ou mariage, cette interdiction peut néanmoins être

temporairement suspendue. 

 Comme pour la pêche, le travail des champs se fait en collectivité,

Pour gagner son pain à Rimatara, il faut avant tout être solidaire

et les femmes se réunissent pour ramasser des coquillages et faire 

des colliers. La cohésion sociale est ainsi assurée. 

La gendarmerie mérite qu'on y consacre quelques lignes: en effet, 

être gendarme à Rimatara, c'est aussi faire office : d'huissier de justice, 

notaire, agent spécial du trésor, examinateur du permis de conduire,

maître de port, météorologue, surveillant des incendies, chercheur de 

plantation de paka etc... se relayant par équipes de trois. 

Et pour trouver une chambre chez l'habitant, car pas d'hébergement

sur l'île, c'en encore à lui que vous vous adresserez. 

Pour les retraits d'argent, un système de retrait télégraphique est 

mis en place pour ceux qui ont ouvert un compte à Papeete. 

Si séjourner à Rimatara n'est pas un lieu idéal de villégiature, c'est 

plutôt une occasion de découvrir et partager un mode de vie ancestral. 

Mais pour celà, c'est vous qui irez faire connaissance avec les habitants.

L'isolement géographique de l'île conduisant au repli sur soi, ils n'oseront 

pas vous aborder. Mais une fois le contact établi, l'appréhension s'evanouit

et l'accueil n'en sera que plus chaleureux.

L'île n'est pas grande: seulement 8,6 km² pour 900 habitants. 

On s'y sent donc facilement en famille. 

Quelques promenades agréables par les sentiers ensoleillés menant à de

superbes plages méritent d'être retenues:

A ne pas manquer La baie des vierges :

vasque naturelle d'eau verte émeraude entourée de sable blanc où les 

jeunes vierges venaient se baigner nues. 

Le roi envoyait pour son plaisir personnel un émissaire qui choisissait 

les plus belles d'entre elles dans le bassin d'Hipuna 

 les-gones-a-tahiti.over-blog.com/article-3025..

La baie d'Anapoto est une vaste cocoteraie fréquentée par des hérons.

On y trouve quelques chèvres et aussi des chevaux. Mais surtout si vous allez

vous promener dans les bois, vous apercevrez peut être l'une de ces magnifiques 

perruches au plumage rouge , vert et jaune , (plus du noir et du blanc chez la femelle):

le lori, encore appelé le URA, qui donna son nom au village Mautuaura. 

Ces oiseaux endhémyques appartenaient jadis à la famille royale. 

C'est donc une espèce protégée qui ne saurait survivre en dehors de son milieu 

naturel. 

 www.mangoverde.com/wbg/picpages/pic74-30-1.htm

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