Les îles Austales : Rapa

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Rapa d'antan : Témoignages

" Des hommes vêtus d'un pagne en herbe descendaient d'une pirogue à balancier de planches cousues. Une grosse natte pendait sur leurs épaules, une autre autour des reins en guise de protection. Vu de loin, leur santé semblait précaire . Vivant de chasse (recherchant principalement le phaeton pour ses belles plumes rouges), et de pêche, les enfants étaient souvent livrés à eux même; jeunes hommes et jeunes filles souvent intimement liés devant l'indifférence des parents (chose considérée comme naturelle à l'époque). Leur langue était proche de celle de l'île de Pâques. Si une personne décédait, son niveau social décidait de son sort: Ainsi, pour une personne pauvre, un radeau fait de roseaux l'emmenait vers des terres lointaines. Dans le cas d'un roi, d'un chef ou encore un prêtre, son corps était déposé dans des grottes, de nombreux ossements ayant étés retrouvés.  Les guerres entre tribus étaient fréquentes." 

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"Chacun des 12 villages débouchant sur la mer fit construire, sur les crêtes de l'ancien volcan, un fort  (le pa ou pare) derrière lequel se protégeaient les familles. Assez semblable aux Pa néo zélandais, munies de fossés et de palissades aux pointes coupantes, ou encore de trappes profondes recouvertes de branchages. Des silos à nourriture les approvisionnaient en vivres et en eau.  Des hommes montaient la garde à l'entrée du territoire tribal. Et pas question de sortir la nuit, au moins sans sa  hache, sa lance ou son casse tête, car la nuit  faisait très peur. Les terres ou les femmes étaient souvent motifs à guerroyer, ou encore le manque de viande sur l'île.  Puis arrivèrent les bateaux chargés des missionnaires, et avec eux, les maladies (variole, dysenterie...) qui vidèrent quasiment l'île de sa population, provoquant une très forte mortalité.  Ceci ajouté à de nombreuses déportations vers le Pérou, il ne restait plus que 4 villages fortifiés encore actifs, soit une centaine d'habitants en 1900" 

"Si la viande manquait, les fruits-légumes en revanche poussaient facilement: gingembre, ignames, patates douces manioc etc, et la mer offrait ses poissons et fruits de mer en abondance. En 1917, la culture du café prenait de l'élan. Il était ramassé par les enfants pendant que les femmes s'occupaient du taro.  Peu de succès pour la pomme de terre: les vents amenant des embruns d'eau de mer, qui ajoutés à l'ardeur du soleil, desséchaient les légumes." 

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Un peu de tourisme :

En 1867, Ahurei devient le centre commercial, religieux et politique de l'île. Lacascade y établit la loi française à l'exception des juges locaux qui avaient encore autorité. Un conseil, relié à l'administration gérait les litiges et le droit du travail. Sur les 120 personnes encore présentes, 70 vivaient à Aruhei.  Les 50 autres se partageaient Tupuai et deux autres villages; Tuou était la propriété royale.

Rapa iti : la petite soeur de l'île de Pâques (Rapa nui); aurait abrité les anciens rapa nui, d'où la similitude du nom. D'ailleurs son autre nom: Oparo signifie: en dehors, de l'autre côté. Cerné d'impressionnantes falaises, ce bout de terre qui semble se protéger de toute présence extérieure, accueille néanmoins les spead boat par la pointe Autea, près de l'îlot Tarakoi pour rejoindre la baie d'Ahurei qui constitue un mouillage très bien protégé. La Gibraltar du Pacifique, disait-on! Onze baies entament les pourtours de l'île. Mais les conditions climatiques étant trop fraîches  pour le bon développement d'un récif corallien, Rapa ne possède donc pas de lagon; en revanche, les vallées sont fertiles, irriguées par des ruisseaux, torrents ou par de belles cascades. Huit monts rivalisent de hauteur avec les falaises, parmi lesquels le mont Perau (650m) dominant la baie d'Ahurei, Pukumaru (605m), les aiguilles de Makatea à 'extrême sud (489m),  

Deux villages principaux font vivre cette île: Ahurei, construit sur le cratère de l'ancien volcan, et Area qui lui fait face jouissant du panorama qu'offre la montagne avec ses fortins encore debout, surplombant le village d'Ahurei: Tevaitau, Ororangi, Pukutaketakeke (380m), et le fort principal, restauré par Heyerdhal: le Morongo Uta et sa citadelle de 400 m surmontée d'une double pyramide.  Deux baleinières assurent le transport des scolaires et des passagers. 

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Des ressources ancestrales : 

Des fours à pains sont toujours en activités et Quinze sortes de taro, constituent la ressource salvatrice de l'île. Huit mois sont nécessaires pour récolter cette plante riche en amidon, en calcium et en fluor, qui poussent sur des terrasses irriguées appelées Roki, et consommées souvent comme des épinards, mais finit plus souvent dans le traditionnel popoi: " Cette recette ancestrale consiste à faire bouillir les bulbes, puis à les écraser avec une pierre sur une autre pierre plate. La pâte est ensuite malaxée et mélangée avec de l'eau. Ajouté en guise de levure un morceau de popoi déjà fermenté, le mélange obtenu est enfin coupé, enroulé dans des feuilles et suspendu à un arbre, le temps de la fermentation. Le popoi est relativement léger et se digère facilement." explique une mama 

"Entre mai et août, on récolte du café. Lorsque les grains tombent et que l'enveloppe extérieure pourrit, les grains peuvent alors être ramassés. Cette enveloppe est alors cassée à l'aide d'un bâton ou d'une pierre, et lavée à l'eau courante. Puis on les laisse sécher sur des plaques de tôles ou de tissus en les remuant à l'aide d'un bâton. "   

Les Rapa sont d'excellents pêcheurs dans des baleinières de 6 m de long, selon des méthodes ancestrales: (pêche au fusil, au harpon, de nuit) etc...Il n'est d'ailleurs pas rare que le produit de la pêche devienne un motif d'échanges contre des tissus ou des perles. 

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Chaleur... et rigueur :

La communauté protestante de Rapa se veut rassurante, unie et chaleureuse. Elle sollicite chacun et lui apporte un sentiment d'utilité. Mais gare aux éléments perturbateurs...ainsi, le dimanche pendant l'office, le diacre se promène dans les allées du temple  'armé d'un long bambou" pour rappeler à l'ordre les enfants turbulents ou les adultes somnolents. Si le mode de vie Rapa a évolué, certaines traditions ont néanmoins perduré, comme l'abattage rituel des animaux, l'artisanat, ou la vie en collectivité (indivision des terres, troc, artisanat, coopératives agricoles ou de pêche...).

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La motivation avant tout! 

Un isolement qui se veut souvent volontaire pour mieux cultiver sa différence et l'attachement à la terre. Les oiseaux, en particulier les espèces endémiques, sont protégés. Le travail bénévole n'est pas rare. La motivation compte aussi beaucoup plus que le diplôme. Et dans ces régions où la nature est généreuse, un petit salaire suffit pour vivre confortablement. Ajoutons que comme partout en Polynésie, le respect des personnes âgées est sacré. Rapa sait donner le temps au temps; le stress, c'est une inventions des européens! Rapa est donc une île où il fait bon vivre pour qui a le sens de la vie en communauté, et sait se mettre en harmonie avec dame nature, dans le respect de la tradition.

D'après les autochtones, on aime ou on aime pas Rapa.  Mais si on choisit d'y venir, les vacanciers souvent y reviennent, le logement chez l'habitant ayant un convivial goût de " revenez y "; d'autres finissent par s'installer définitivement pour vivre autrement et partager un bonheur ancestral qu'ils ne soupçonnaient pas.

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Date de dernière mise à jour : 02/11/2016

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